14 janvier 2022 - 1870 vues
Lors de l’épidémie de variole de Montréal en 1885 ayant fait plus de 5000 morts, le conseil provincial de santé après différents échecs finit par imposer la vaccination. Ce qui donnera lieu à des émeutes d'une rare violence, une partie de la population étant fermement opposée non seulement à la vaccination obligatoire, mais aussi à la vaccination tout court.
Quand il découvrit le vaccin contre la rage qui a pourtant sauvé tant de vies, Louis Pasteur lui-même a été traité d'apprenti sorcier. On qualifie alors l'institut pasteur d'Usine à maladie. Il faudra bien du temps pour que la vaccination soit acceptée par une large majorité. Majorité, mais jamais unanimité en particulier dans les périodes où la vaccination est imposée.
Il y a toujours eu des gens pour refuser les vaccins, avec plus ou moins de véhémence. Les plus violents et les moins rationnels d'entre eux sont actuellement particulièrement audibles dans un contexte pandémique où les réseaux sociaux servent de caisse de résonnance à toutes les théories complotistes des plus crédibles aux plus farfelues.
Un facteur aggravant est le refus contemporain de la verticalité du savoir. Tu as peut être deux doctorats en biochimie, mais j'ai 3 800 000 followers sur Instagram, je sais exploiter leurs biais cognitifs, notamment celui de confirmation pour leur servir une discours qu'ils relaieront.
Pourtant, je peux personnellement comprendre que l'on soit réticent, voire opposé à la vaccination contre la Covid :
- D’abord, Le tempo est excessivement rapide entre l’émergence de la maladie et la vaccination obligatoire
- Ensuite, La vitesse de développement dudit vaccin l’est aussi. Après tout, les laboratoires pharmaceutiques ne sont ni infaillibles, et au vu des différents scandales sanitaire qui ont émaillé l’histoire récente, on hésitera à leur donner le bon Dieu sans confession. De plus, les effets secondaires ne se manifestent bien souvent qu’à long terme.
- De plus, quand le PDG de Pfizer laisse entendre que non seulement il faudra une troisième dose mais que selon toute vraisemblance il faudra se faire vacciner chaque année, on visualise presque les billets de banque qui s’accumulent autour de lui, comme une montagne d’argent. On se demande quelle est sa motivation réelle.
Enfin, dernier argument mais pas le moindre, on vous injecte quelque chose dans le corps. C’est très intime. Vous n’avez pas la moindre idée de ce que c’est, et de ce qui se passera en vous à court, moyen et long terme.
Trois fois j’ai été vacciné, trois fois on m’a injecté une solution transparente dont j’ignore tout. J’ai bien lu quelques articles sur le mode opératoire du vaccin à ARN, j’ai écouté la radio, et même regardé un peu la télévision sur ces sujets. Mais en dernière analyse, quand on me plante l’aiguille dans le bras, je ne dispose que des informations que l’on a bien voulu me donner, du témoignage de quelques amis travaillant dans le médical, et de la relative confiance que je place dans le système. En somme me voilà dans une position de vulnérabilité, de non-contrôle. Cela dans un contexte où s’exercent de fortes contraintes sur les libertés individuelles. Pire encore, ces contraintes sont à géométrie variable, et on n’a pas le temps d’assimiler un modus vivendi que les règles changent, encore et encore. Bien que je désapprouve le complotisme, je peux comprendre que certains se raccrochent à une illusion de contrôle et créent leur propre vérité en picorant dans la jungle de théories à la mode sur les réseaux sociaux. Quête compréhensible, mais vaine et sans issue.
Un homme dans la Bible s’est un peu retrouvé dans notre situation, balloté par la vie, éprouvé plus qu’à son tour, et ayant aussi l’impression que certains tirent toujours leur épingle du jeu. Il s’appelle Asaph et est auteur du psaume 73. Et Asaph qui ne comprend pas pourquoi il s’échine à bien faire, à être droit, et galère alors que ceux qu’il nomme les « riches et les méchants » prospèrent. Dans son univers mental, bien agir aurait dû lui garantir le succès et le bonheur. Mais cette croyance, utilisée par beaucoup pour alimenter le sentiment de contrôle dont on a un légitime besoin, s’est révélée incompatible avec le monde réel. Jusqu’à ce qu’il opère une révolution copernicienne et réalise que le succès et le bonheur résident dans le fait de bien agir et d’être avec son Dieu. Ils n’en sont pas une conséquence…
Nous inspirant de son exemple, nous pouvons mieux accepter notre vulnérabilité et les limites du contrôle que nous exerçons sur le monde. « Pour moi, mon bien, dit Asaph, c’est de m’approcher de Dieu » et si je ne contrôle pas tout, eh bien tant pis, cela ne donne que plus de valeur à cet amour que personne ne peut m’enlever.
Jethro Camille.